Votre site ne vous ressemble pas.
C'est rarement une question de goût. Le site est correct, il informe, il fonctionne. Il ne dit simplement pas ce que vous êtes.
Ça se produit toujours de la même façon. On liste ce qu'on vend — les chambres, les films, les formats, les services. On range par rubriques. On obtient un catalogue. Et un catalogue se compare : le visiteur met votre page à côté d'une autre et cherche la différence de prix, parce que c'est la seule différence que vous lui avez donnée à voir.
Or vous ne vendez pas une liste. Un hôtel vend une journée. Un domaine oléicole vend une provenance. Un réalisateur vend un regard. Aucune de ces choses ne tient dans une grille.
Le geste
Une seule décision, prise avant la première ligne de code : déplacer le héros.
Chez Villa Didon, le produit n'est pas la chambre, c'est la journée. Le site ne présente plus le lieu, il le fait traverser — du matin au lounge, puis la nuit tombe et le même espace devient un lieu d'événements. L'activité professionnelle n'est pas vendue, elle est découverte.
Chez Jem Olio, le héros n'est pas la bouteille, c'est l'arbre et la distance. Le site s'appelle « Trois Cents », le nombre de pieds d'oliviers du domaine. Le défilement n'est plus une pile de panneaux, c'est un chemin.
Chez Elyes Baccar, le cinéma cesse d'être l'offre et devient la preuve. Trente ans de tournage ne sont plus la marchandise : ils sont ce qui rend sa méthode crédible.
Trois fois le même geste, trois résultats qui n'ont rien en commun visuellement. C'est voulu : la méthode se reconnaît dans la décision, pas dans le style.
La décision est stratégique avant d'être visuelle. Ce qu'un site doit dire se décide avant de décider à quoi il ressemble.
Ce que ça coûte
Une décision se mesure à ce qu'elle écarte. Sur chaque projet, la liste des interdits est écrite avant de commencer.
Pas de rangée de trois cartes. Pas de héros coupé en deux. Pas d'image de banque : si vous vendez un regard, tout ce qui est montré doit être le vôtre. Pas de grille produit quand ce que vous vendez n'est pas un produit.
Ce qui reste tient debout tout seul.
Le reste
Ce qui ne se voit pas fait partie du travail. Les faits sont vérifiés — une variété d'olive mal orthographiée vingt-quatre fois, une adresse e-mail sur un domaine qui n'existe pas, une localisation périmée. Les pages se chargent. Les formulaires arrivent.
Ce n'est pas un argument. C'est le minimum.